Jean Cauvin, dit Calvin (1509-1564)

On pourrait affirmer que le plus grand réformateur français fut un réformateur malgré lui. De naturel timide, de santé fragile, porté avant tout à l'étude et vers la tranquilité, il a été conduit par des évènements où il voyait la main de Dieu à entreprendre une tâche de conducteur d'hommes et de défenseur d'idées. De là une certaine dureté, une intransigeance qui ont crée autour de lui la légende d'un homme au coeur sec, d'un dictateur impitoyable, ambitieux et obstiné.

En fait, c'est un homme affectueux, ouvert, soucieux de faire triompher la cause de Dieu, la gloire de Dieu. Calvin est un français et un latin, d'où l'amour des grandes lignes, de la clarté et de la logique. Son rôle sera de mettre en ordre les inspirations enthousiastes de ses prédecésseurs, un Luther, un Bucer, un Farel, d'en constituer un corps de doctrines, de jeter les bases d'une organisation éccléciastique, le régime presbytérien, qui est à l'heure actuelle celui de millions d'hommes dans le monde. C'est un esprit plus organisateur que créateur.

Il est initié au luthéranisme alors qu'il étudiait le droit à Orléans, il adhéra à la Réforme en 1533, puis s'installa à Bâle en 1534, où il publia en 1536 la première édition en latin de l'Institution de la religion chrétienne, qui deviendra la Somme du Calvinisme (traduction française en 1540, remaniée en 1543 et 1559). Arrivé à Genève en 1536, il institua dans cette ville un gouvernement théocratique dont il fut juqu'à sa mort le chef célèbre (condamnation de Michel Servet, brûlé vif en 1553).

Il partit à Strasbourg...
Sur le modèle genevois se fondèrent de nombreuses églises réformées notamment celle de France. Prosateur préclassique d'une grande rigueur de style, Calvin est également l'auteur de Cathéchisme 1537, Petit Traité de la Sainte Cène 1541, Traité sur l'éternelle prédestination 1552.

La doctrine
La doctrine religieuse fondée par Calvin, formulée dans l'Institution de la religion chrétienne repose sur trois principes essentiels :
1. L'unique source de foi est l'Ecriture Sainte (Ancien et nouveau testament).
2. L'humanité, dépravée par la chute, est par nature indigne face à la grâce toute-puissante d'un Dieu rédempteur, qui de toute éternité, a décidé le salut de l'homme en Jésus Christ (le corollaire de cette affirmation est la doctrine de la prédestination).
3. Le culte n'admet que deux sacrements : le baptême et la communion, mais Calvin rejette la transsubstantiation romaine et la consubstantation luthérienne.


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