| Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832)
"Le 28 août 1749, midi sonnait à Francfort-sur-le-Main quand je vins au monde. La conjoncture astrale était favorable : le Soleil était sous le signe de la Vierge et culminait pour la journée ; Jupiter et Vénus le regardaient favorablement..." C'est par ces mots que commencent l'autobiographie de Goethe, où l'auteur se plaît à remarquer qu'il naquit "sous une bonne étoile" et qu'il eut dès sa naissance comme un acord préétabli entre l'univers et lui. C'est un trait foncier de sa nature comme de son oeuvre que cette harmonie et le grand amour de l'ordre qui en découle. Goethe reçoit une éducation soignée qui aurait pu être celle d'un gentilhomme, avec un professeur de musique et assez de leçons de français pour pouvoir l'écrire très correctement à seize ans et s'essayer à y faire des vers. Il débute ses études de droit à Leipzig sans plaisir, mais il y connaît la vie étudiante et une série d'amitié et y fait ses debuts poètiques. La poèsie de Leipzig est dans la manière enjouée et enrubannée de ce temps-là, la première oeuvre du poète est une comédie opérette Le Caprice de l'amant (die Laune des Verliebten) écrite en 1767. Il part en 1770 pour Strasbourg afin d'y continuer ses études de droit. Il devait y trouver le groupe de jeunes gens qui reconnurent en lui le créateur que leur génération attendait. A Strasbourg, il fit de grandes rencontres : la cathédrale tout d'abord, qu'il visita le jour même de son arrivée en avril 1770. Ce chef d'oeuvre inachevé du gothique lui donna sa première grande émotion architecturale : il avait devant les yeux "l'incommensurable" d'un génie, d'une suite de génies, symbole de l'unité couronnant la diversité, collossale affirmation du génie créateur des hommes. Devant la flèche de Strasbourg, Goethe a évoqué la figure de Prométhée, le titan qui brave les dieux. A cet étudiant peu assidu, l'université de Strasbourg délivra en 1771 une licence en droit, et Goethe retourna à Francfort, les premières ébauches de Faust dans son parchemin. Par l'étendue et la variété de ses connaissances, par ses dons de poète, de romancier, de critique, et même d'administrateur, Goethe rapelle les grands génies de la Renaissance. Son premier drame, Götz von Berlichingen (1774), et son roman épistolaire, Les Souffrances du jeune Werther (1774), portent la marque du "Sturm und Drang" : le héros romantique se révolte contre les Dieux et contre l'ordre social. A cette période appartiennent deux autres drames : Clavigo, 1774 et Stella en 1776 ainsi que la première version de Faust (dit Urfaust, 1773-1775). Installé à la cour de Weimar en 1775, Goethe s'intègre à la société, et sans négliger les forces "démoniaques", il exprime une sorte de consentement à l'ordre universel. Trois pièces : Iphigénie en Tauride (en prose, 1779 et envers en 1787), Egmont (1787), Torquato Tasso (1789) marquent ce tournant. Il donne ensuite au roman, les Années d'apprentissage de Wilhelm Meister (version définitive 1796), où figure l'épisode de Mignon, une épopée bourgeoise en hexamètres, Hermann et Dorothée, 1797, et une suite de ballades, la Fiancée de Corinthe, L'Apprenti sorcier...écrites sous l'encouragement de Schiller avec qui il a noué en 1794 une solide amitié et dont la mort (1805) l'affecte profondément. En 1808, il publie la première partie de son Faust, pièce qui rend sa célébrité universelle, et en 1809 Les Affinités électives, roman autobiographique. Les poèmes du Divan occidental et oriental, nouveau chef d'oeuvre, sont édités en 1819. Des travaux scientifiques, les Années de voyage de Wilhelm Meister (1821-1829), ses Mémoires (Poèsie et Vérité, posthume 1833), le second Faust (1832) achèvent son oeuvre, que complètent une volumineuse Correspondance, notamment avec Schiller et de précieuses Conversations avec Eckermann, rédigées par ce dernier. |
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