Entre barbarie et Moyen Age - Strasbourg Tourisme à Strasbourg, Alsace

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Strasbourg
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Entre barbarie et Moyen Age
Entre barbarie et Moyen Age
Les Huns ont tout cassé en 451. Satisfaits, ils ont poursuivi leur chemin. Les nouveaux maîtres Alamans sont plutôt brutaux et peu cultivés, mais ils présentent l'avantage de ne pas aimer les villes. Comme la plupart des Germains ils ont comme boisson un liquide fait d'orge ou de blé, devenu semblable à du vin en se corrompant. Bref, la ville d'Argentorate ne les intéresse pas trop. D'ailleurs, ils se font bientôt étriller à Tolbiac par les Francs. Nous sommes en 496 et Strasbourg est incorporé au royaume des Francs.

C'est à l'influence conjuguée des Alamans et des Francs que la ville va devoir sa lente restauration. Et d'abord, c'est le nom qui change progressivement : Argentoratum devient tantôt Strateburgo, Stratisburgo, Stradeburg : "la place forte de la route" et même de plus en plus "la ville des routes".

Contrairement aux Alamans païens, les Francs se sentent une fibre chrétienne. Sous l'impulsion de deux évêques remarquables, Saint Arbogast et Saint Florent, Strateburgo devient le siège d'un évêché dynamique. Une première cathédrale est érigée à l'emplacement de l'actuelle, une basilique est aménagée. La ville devient-elle pour autant une capitale ? Il semble que non, car l'une des constantes de cette ville, constatée sous les Romains et vérifiée jusque dans les temps modernes, est qu'elle est une agglomération stratégique, militaire à la vocation défensive. Pour leur résidence, les chefs Francs préfèrent leurs palais de Koenigshoffen (comme son nom l'indique !) ou de Kirchheim-Marlenheim, à la campagne...

Sous les Mérovingiens, Strasbourg ne dépasse pas le niveau d'une bourgade très moyenne de paysans et de pêcheurs, rassemblant plusieurs peuplades. Même si l'Alsace est érigée en duché autour de l'an 640, Strasbourg n'en constitue pas pour autant une capitale. Avec l'avènement des Carolingiens en 751, un dynamisme nouveau se manifeste. L'Eglise, contribue puissamment à l'essor matériel et intellectuel de la ville. Une certaine prospérité s'installe dans la ville, guère troublée par la guerre fratricide que se livrent les petits-fils de Charlemagne.

Le 14 février 842, deux d'entre eux, Louis et Charles, se liguent à Strasbourg contre le troisième, Lothaire et , fait nouveau, prononcent des serments en langue vulgaire : tudesque pour les soldats de Louis (l'ancêtre de la langue allemande), roman (français ancien) pour ceux de Charles. Ce serment constitue à la fois le plus ancien monument de la langue française et allemande.

Après cet épisode qui manifesta, lui aussi, le caractère de carrefour politique, économique et linguistique de la ville, Strasbourg fit partie de la Lotharingie s'étendant de la mer du Nord à l'Adriatique. Par le traité de Meersen en 870, elle fut rattachée au royaume de Louis, la Francie orientale ou Germanie. Saccagée par les Hongrois en 913, reconstruite sous la dynastie saxonne des Ottoniens, principalement Otton Ier, couronné empereur le 2 février 962.

Ce couronnement consacrait l'alliance du trône et de l'autel qui allait se révéler efficace pendant trois siècles. La cité peut compter sur plusieurs facteurs dynamisants : la qualité des évêques-seigneurs, l'efficacité de l'administration épiscopale, l'apparition d'une bourgeoisie d'affaires, fortunée et avide de marquer son influence nouvelle.
La ville s'étend de plus en plus et sa population a bien augmenté. Les enceintes sont étendues, les fortifications augmentées. C'est que la circulation se faisant de mieux en mieux aussi vers le Sud (ouverture du Saint-Ghotard après 1239), la cité se retrouve au carrefour d'une intense circulation nord-sud et est-ouest. Au 13o siècle, la ville connaît ainsi une ascension économique considérable, due en partie d'ailleurs au développement de la batellerie rhénane.

Le 13o siècle strasbourgeois constitue le début d'une longue effervescence religieuse qui connaîtra son point culminant lors de la Réforme du 16o siècle, baptisé aussi le siècle d'or. Une soif de spiritualité saisit toutes les couches de la population. Elle s'étanche dans les paroisses de la ville, dans les mouvements considérés comme hérétiques particulièrement au contact des Ordres Mendiants, Franciscains et Dominicains. Ceux-ci ont su constituer un clergé régulier de grande qualité spirituelle et intellectuelle qui attire respect et considération. Les dominicains bâtissent une église, puis un couvent au centre de la ville. Cet ensemble fut achevé en 1260, Maître Eckhart y assurera l'enseignement de sa théologie mystique et déjà très évangélique.

Le religieux dominait fortement l'activité intellectuelle. Les écoles ne parvenaient qu'à un niveau médiocre où l'enseignement d'un latin assez rudimentaire et la recopie de manuscrits constituaient les temps forts. Ce sont les religieux évolués comme les Franciscains et les Dominicains qui vont faire éclater ce carcan promouvoir la créativité littéraire, philosophique, théologique et même prendre en considération la langue vulgaire. Strasbourg connaît là une créativité assez dense mais se distingue par l'oeuvre de Gottfried de Strasbourg. Son oeuvre, pratiquement unique et inachevée est un poème de 2 000 vers : "Tristan und Isolde".

Si Gottfried de Strasbourg est bien l'auteur d'un des chefs-d'oeuvre de la littérature allemande du Moyen Age, il s'est inspiré cependant du récit de Thomas de Bretagne, poète anglo-normand qui, lui, a écrit en langue française. Cela montre bien à quel point un Strasbourgeois de cette époque pouvait déjà passer d'une langue à l'autre.


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