Strasbourg, l'humaniste - Strasbourg Tourisme à Strasbourg, Alsace

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Strasbourg
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Strasbourg, l'humaniste
Strasbourg, l'humaniste
A Strasbourg, peut-être plus qu'ailleurs, l'humanisme a été introduit par la théologie. Comme il constitue un retour aux textes des auteurs anciens et à leur philosophie, il est probable que la ville offrait un terreau riche à l'éclosion de ce mouvement obligatoirement enraciné dans une culture de haut niveau.

Le grand précurseur de l'humanisme strasbourgeois est Jean Geiler de Kaysersberg. Plus de trente ans durant, il va exercer sa prééminence spirituelle et préparer fortement le terrain à la Réforme. Véritable tribun populaire, s'appuyant sur le "Narrenschiff" (Nef des Fous) de Sébastien Brant, il pratique une sorte de lecture critique et imagée du quotidien des habitants de Strasbourg, le tout piqueté de pointes d'humour acéré.

Sa réputation s'étant vite répandue dans l'Empire, il fut souvent appelé auprès de Maximilien Ier qui aimait lui demander conseil. C'est d'ailleurs lui, le "Bossuet Alsacien", qui attira Sébastien Brant, Jacques Wimpfeling, Beatus Rhenanus à Strasbourg.

La figure la plus connue de l'humanisme strasbourgeois est Sébastien Brant né vers 1458 à Strasbourg, mort dans sa ville en 1522. A Bâle, il acquiert le doctorat en droit civil et en droit canon. Peu à peu il se hisse au niveau des meilleurs humanistes et devient un latiniste et helléniste éminent. C'est en février 1494 qu'il publie à Bâle, son "Das Narren schyff" long poème satirique de 7000 vers.

En août 1514, Erasme de Rotterdam, prince européen des humanistes, vient à Strasbourg. Sa visite consacre la renommée de la cité. Lui même gardera de la ville un souvenir fort : "Je voyais le gouvernement d'un seul, mais sans despotisme, une aristocratie sans factions, une démocratie dans désordres, une richesse sans luxe, un bonheur sans arrogance. Que peut-on s'imaginer de plus heureux que cette harmonie ? Oh, divin Platon, si seulement tu avais eu la chance de connaître un tel régime ; ici, en effet, il aurait été possible d'introduire ton Etat idéal"...

Au début du 16o siècle, le ciel se charge d'orage sur Strasbourg, comme sur la plus grande partie de l'Europe. La chrétienté est secouée par les ondes de choc successives émises par le mouvement tant socio-politique que religieux qu'est la Réforme.
Le message de Luther semblait limpide : tout était recentré sur un Evangile accessible à tous, sur la foi qui abolissait les distinctions entre les clercs et les laïcs, sur une Eglise qui n'était plus un pouvoir insaisissable, mais une réalité intégrée au coeur même de la cité.

Strasbourg, l'une des capitales européennes de l'imprimerie, va contribuer puissamment à diffuser, en ville mais encore plus à l'étranger, tous les écrits, libelles, traités et surtout les exemplaires du Nouveau Testament. Mais plus encore que l'écrit, c'est la chaire qui est forte dans cette ville. Les étoiles au firmament de la cité sont les prédicateurs de l'Evangile. Leurs prédications n'étaient pas plus révolutionnaires que le message de l'évangile de Jésus, mais sûrement tout autant : libération de l'homme soumis aux jougs religieux ou politiques injustes, affirmation du primat de l'amour contre la loi, dénonciation des abus ecclésiastiques, affirmation d'une étique reposant sur la fraternité sociale et la justice, d'une foi vivante personnelle contre une religiosité obligatoire...

Nulle part, dans toute l'Alsace, le terrain ne fut plus favorable à la Réforme qu'à Strasbourg, et nulle part aussi, les événements ne modifièrent plus profondément une situation politique que dans le Ville libre, sous l'influence de cette même Réforme. Assurément Strasbourg occupait, au début du seizième siècle, une belle place parmi les grandes cités du Saint-Empire. La période dans laquelle nous entrons est l'âge d'Or, le point culminant de l'histoire de la Ville-libre"

Les changements s'étaient accomplis jusque-là sans grands troubles. Il en alla de manière plus extrémiste à la campagne. Des prédicateurs radicalistes venus de Strasbourg prêchèrent dans les campagnes un amalgame d'idées révolutionnaires sociales et d'Evangile, laissant entendre que la ville soutiendrait les paysans tentés par la révolte. Mais le duc de Lorraine avait déjà fait mouvement vers l'Alsace pour rétablir dans les campagnes l'ordre ancien et catholique.

Strasbourg ouvrit largement ses portes à ceux qui fuyaient les révoltes paysannes : juif, prêtres, propriétaires terrien, nobles. Elle refusa de donner aide et assistance aux paysans qui se firent massacrer à Lupstein, Saverne ou Scherwiller.

La Réforme fait de Strasbourg une place forte des idées nouvelles et l'engage tout naturellement à devenir le refuge des persécutés et des exilés. Malheureusement, la deuxième partie du siècle s'avéra moins créative et un certain déclin s'opéra à Strasbourg. C'est dû, certes, à la victoire de l'empereur Charles-Quint sur la ligue des Protestants dont la ville de Strasbourg qui eut pour effet de restituer au culte catholique la cathédrale et deux autres églises. Une série de faillites de banques dues au non-respect de leurs engagements par les États européens et à une conjoncture récessionniste, déstabilise la monnaie et provoque une forte inflation. Démographiquement la ville régresse et ne compte plus à l'orée du 16o siècle, que 22 000 personnes environ. Sur tous les plans, sauf celui des fortifications militaire, la cité se fragilise et perd une bonne partie de son prestige en Europe. Elle sera bientôt bonne à prendre...




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