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Strasbourg pendant les guerres mondiales
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De gros nuages noirs s'amoncellent à l'horizon : la Première Guerre Mondiale commence en août 1914. Strasbourg va subir les séquelles de la guerre comme toutes les autres villes de France et d'Allemagne, mais avec moins de rigueur. Le maire Schwander a constitué des stocks de vivres et arrive à maintenir des prix équitables. La ville tient ainsi jusqu'à l'Armistice en novembre 1918. Une révolution "rouge" éclate et se développe du 8 au 20 novembre. Soldats et ouvriers proclament la "République" le 10 novembre. Drapeaux rouges et "gardes civiques" font leur apparition. La confusion est à son paroxysme. L'entrée dans Strasbourg de la 4o armée commandée par Gouraud rétablit l'ordre le 22 novembre 1918. La guerre est finie. Mais pour les familles des 3 000 tués à la guerre, les blessures, une fois de plus, sont profondes.
Dans la liesse générale se termine l'épisode du "Reischsland". Strasbourg ignore que 20 ans plus tard ce sera pire. Avec le retour à la France, le malaise latent ne diminue pas. Bien au contraire. Il est triple : économique car la France est à genoux, financier à cause du mark revalorisé, sociopolitique par suite du changement de régime.
Politiquement, la ville passe à gauche. A Paris, le Président du Conseil, Edouard Herriot annonce une assimilation rapide de l'Alsace entraînant, comme conséquences, la suppression du Concordat napoléonien. L'Alsace, Strasbourg en tête, proteste vivement, et Herriot est contraint de renoncer à l'alignement de Strasbourg sur Paris.
Le Front populaire, n'est pas à l'instar des autres villes. Socialistes et communistes n'arrivent pas à s'entendre : les premiers souhaitent une assimilation rapide à la France, les seconds se sont engagés aux côtés des autonomistes. Les grèves de juin 1936 ne sont pas massives.
En Allemagne, c'est la montée du nazisme. Presque tous les partis existant à Strasbourg le condamnent. Les associations autonomistes sont dissoutes ainsi que le parti communiste à la suite du pacte germano-soviétique. L'on s'achemine vers la guerre.
Dès le 1er septembre 1939, Strasbourg est évacuée. C'est la "drôle de guerre". Pas si drôle que cela pour les Strasbourgeois qui doivent quitter leurs biens et leur patrie, et voir les familles se scinder...Ils sont accueillis en Dordogne (90 000 réfugiés) et dans l'Indre (30 000 réfugiés). Le 19 juin 1940 le drapeau hitlérien flotte sur la cathédrale.
Le Gauleiter Robert Wagner est chargé de conformer l'Alsace au Reich en l'espace d'une décennie. Ce nazi pur et dur est résolu à appliquer à la lettre les consignes du Führer : faire de Strasbourg une véritable capitale du "Gau Oberrhein" devant comprendre le pays de Bade et l'Alsace. En octobre 1940, la plupart des Strasbourgeois se sont résignés à rentrer, la guerre étant perdue pour la France.
Des mesures de "re-germanisation" sont rapidement mises en oeuvre : re-baptème des rues, interdiction du français, tolérance du dialecte, défense de porter le béret basque...
Le "Reicharbeitsdienst" exige la mise à disposition de la main d'oeuvre que constituent les jeunes hommes avant leur incorporation dans l'armée.
La répression s'organise et se manifeste par la création de deux camps par les nazis : le sinistre camp d'extermination du Struthof et le camp de rééducation de Schirmeck.
En août 1942 est décrétée l'incorporation de force qui concernera 21 classes d'âge et coûtera la vie à près de 3 500 jeunes Strasbourgeois. La ville subit quelques bombardements meurtriers. L'aviation américaine détruit une partie du centre-ville en août et septembre 1944. Les Allemands, ayant retraversé le Rhin en novembre, tirent leurs obus depuis Oberkirch. Mais on n'en est pas encore là le 21 novembre 1944 lorsque Leclerc reçoit l'autorisation des Américains de tenter un raid sur Strasbourg. Contournant Saverne le 22 novembre, le général qui a fait prêter le serment de Koufra, "jusqu'au jour où nos couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg", fait entrer le sous-groupe Rouvillois par la place de Haguenau et les autres unités par le Neudorf.
Le drapeau tricolore et la croix de Lorraine est hissé sur la cathédrale le 23 novembre même. Mais ce ne sera que le 22 janvier 1945 que les allemands décrocheront définitivement du Rhin. Le cauchemar est terminé, sauf pour ceux qui ont perdu des êtres chers ou qui devront passer sous les fourches caudines de la suspicion ou de l'épuration. La ville mettra du temps à panser toutes ses plaie. Strasbourg meurtrie, va réapprendre à vivre.
Les déportés et résistants souhaitent des châtiments lourds pour les collaborateurs. Les tribunaux prononcent plus de 4 000 condamnations diverses dont une trentaine à mort.
La guerre a emporté avec elle les partis politiques régionaux. En Alsace, c'est le "Parti Républicain Populaire" adhérent du M.R.P. national qui surgit comme la force politique nouvelle. Il se veut chrétien, catholique particulièrement avec une fibre sociale affirmée et un engagement fort en faveur de la défense du particularisme alsacien en matière de langue, de culture, de religion.
Le M.R.P est dominé par la stature de Pierre Pflimlin, maire depuis 1959, ministre à plusieurs reprises, président du Conseil en 1958. En matière d'économie et de croissance, Strasbourg va devenir l'un des pôles les plus dynamiques de France, pays qui connaît le taux de croissance le plus élevé d'Europe.
En 1949 à Londres, 10 états votent le traité instituant un "Conseil de l'Europe" et la ville de Strasbourg est élue à l'unanimité pour en être le siège. L'histoire d'Argentorate, Argentoratum, Strateburgo, StraBburg et Strasbourg est repartie pour 2 000 ans...
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